1789-1871. L’affiche, outil d’affirmation de la démocratie

1789-1871. L’affiche, outil d’affirmation de la démocratie et de gouvernement en temps de crise.

 

  • Le temps des révolutions : de 1789 à 1848

Si l’usage du placard est ancien, qu’il s’agisse d’avis officiels (déclarations de guerre, réquisitions, mesures d’urgence diverses) ou de proclamations séditieuses, la Révolution de 1789 marque un tournant. Les murs se couvrent d’écrits. Les Parisiens se rassemblent pour lire dans la rue les journaux, avis ou manifestes affichés, autant qu’ils fréquentent les clubs. Le procès d’Olympe de Gouges, inculpée pour son affiche les Trois Urnes, dont les archives, conservées aux Archives Nationales, sont pour la première fois présentées au public, est emblématique. Dès lors, l’affiche d’opinion est présente dans le quotidien de chacun au même titre que la presse, dont la Restauration consacre l’essor. Les pouvoirs en place s’efforcent de les corseter toutes deux dans une législation toujours plus contraignante. Mais seule l’affiche, pour Auguste Comte, permet un débat public libre au sein de ce qui est en train de devenir l’opinion, sans intermédiaire, à la différence du journal corrompu par l’argent ou l’appétit de puissance.

L’affiche est aussi le déclencheur des insurrections en juillet 1830. En février 1848, c’est à travers elle que les membres du gouvernement provisoire rendent compte de leurs décisions, notamment celles qui concernent des nouveaux symboles de la République, comme l’adoption des trois couleurs du drapeau français.

  • Le temps de l’urgence : la guerre de 1870 et la Commune de 1871

Depuis 1850, on est désormais habitué avec les quotidiens, le télégraphe et les dépêches de l’agence Havas à une circulation rapide de l’information. En une journée, en quelques heures, les nouvelles parviennent en tout point du territoire. Quand survient la guerre de 1870, c’est une bataille de dépêches (estampe de Martial), avec vraies et fausses nouvelles. Avec l’occupation prussienne, la guerre civile et le gouvernement insurrectionnel de la Commune de Paris, une « véritable pluie d’affiches » s’abat sur Paris. Les circuits sont désorganisés, l’affiche permet de répondre à ce qui est devenu une nécessité dans les populations : être informé et suivre les événements heure par heure, dans ce temps resserré de l’action politique qu’incarne la Commune. Dès le 19 mars, les premières affiches signées par le Comité central de la Garde nationale apparaissent sur les murs. Sorties chaque jour en grand nombre de l’Imprimerie nationale, elles relaient les décisions prises par les Communards et s’imposent comme un véritable outil de gouvernement. Ainsi, l’une des célèbres mesures sociales de la Commune, l’abolition de la conscription, est diffusée par voie d’affiche. Jusqu’à la Semaine sanglante, Versaillais et communards s’affronteront au travers des textes affichés dans une intensité dramatique, traduite par la scénographie de l’exposition.

72 journées, 10 semaines, 399 affiches officielles : la fièvre de l’écriture communarde n’a jamais cessé.

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